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samedi 18 mars 2017

Hellyeah Gorod Overcharger Rockstore 13 mars 2017

Vue la diversité des réactions à propos de cette affiche annoncée depuis assez longtemps, je ne savais vraiment pas à quel niveau de succès m'attendre. Hellyeah prête de loin le flanc à certaines critiques trop tentantes. Comme si beaucoup de gens avaient honte d'aller voir le groupe de l'ancien batteur de PanterA. Cela fait très longtemps que le Rockstore ne prend plus de risques sur le Metal, il faut du gros complet (Meshuggah, Trust deux soirs d'affilée dernièrement) ou sinon la programmation est compromise pour des années. Finalement on a dû arriver à une demi-salle, et un public trop jeune en moyenne pour que l'accusation collective de nostalgie puisse tenir. C'était déjà un bon point inattendu.

Bien qu'évoluant dans un style populaire par chez nous, je ne connaissais OVERCHARGER que de nom. Les quatre Bordelais ne trompent pas avec leurs dégaines de Metalleux de l'ancien pays confédéré : vestes et gilets à patches, vêtements pour être à l'aise, barbes poisseuses. Cela penche plus vers le Metal que le Stoner, nous suivions avec eux les brisées de Black Label Society, PanterA voire surtout Down (je le dis tout bas vu le contexte). Une touche de Blues Rock rend authentique ce mélange très classique. Malgré leur jeunesse ces Louisianais par l'esprit dégagent une énergie et un groove certain, le point le moins fort étant peut-être la batterie qui assure la syncope emballante sans montrer une précision chirurgicale un peu superflue. Tel solo de guitare sonnait comme le Dimebag le plus barge, tel autre puait le Blues. Si l'originalité n'est pas le but, Overcharger se détache par un certain génie du bon riff et de la bonne mélodie prenante en acoustique, c'est un groupe qui s'exprime à travers l'héritage sudiste le plus pur plutôt qu'il ne lui rend hommage comme tant d'autres. Le chanteur, correct dans sa partie, n'a pas eu à beaucoup faire pour nous convaincre de se laisser aller, d'autant que quelques personnes étaient même venues spécialement de chez eux. Nous les reverrons avec plaisir.

C'était bien la sixième fois que je voyais GOROD, presque tous les ans, mais jamais encore en décalage au sein d'une affiche. J'imagine que la connexion Girondine est à l'origine, et que cette date isolée leur permettait de prendre les marques pour la tournée du mois prochain. En effet j'ai trouvé Julien légèrement moins pitre que d'habitude, bien que toujours aussi professionnel sur son chant. À l'avenant, le groupe n'a évidemment rien perdu de sa maîtrise. Mieux encore, l'orientation de ces dernières années vers des territoires un peu plus bourrins, au détriment des moulinets, est une bonne chose. Le mixage maison plus axé sur la rythmique y a aussi contribué sans doute. Ainsi s'estompa une partie de la gêne qui est toujours restée dans mon appréciation, malgré mon intérêt pour le Death Technique et une fréquentation assez ancienne et régulière. Je ne saurais dire pourtant s'ils ont joué des titres de l'EP qui va sortir, la spontanéité sensée les caractériser étant à première écoute très semblable aux titres plus directs du dernier album. J'ai cru reconnaître un ou deux titres plus anciens.
Sur une scène plus grande que les autres fois, on pouvait mieux profiter de l'ensemble des cinq membres, Matthieu portant par exemple ce t-shirt de Kronos rappelant une tournée légendaire de 2011. Mais je doute qu'un grand nombre de gens présents ici les eussent déjà vus. La formule éprouvée du Death jovial n'a pas manqué son effet, l'assistance s'est bien bougée. Le set paraissait court mais comme c'était dû en partie à une interprétation rapide, ils ont pu caser un titre de plus après le sempiternel "apéro !" final de Julien servant habituellement à signaler la fin du set, du bonus.

J'abordai HELLYEAH avec prudence, quand entra en premier en scène Vinnie Paul dont le look inchangé depuis des lustres donne l'illusion qu'il n'a pas pris une ride depuis toutes ces années. Mais je suis rentré rapidement dans le bain, la bière aidant sans doute – elle fait partie du jeu. Si les versions studio des titres me laissent froid, cela peut changer sur scène. Les cinq ont énormément de métier et, dans le sillage de Chad Gray, toujours la pêche. La présence de deux guitares donne de la force, et ce malgré un accordage aigu et un mixage Rock qui ne les privilégiait pas.
Entre deux titres Chad Gray casait des speeches assez bateau (à l'image des paroles, du reste) sur le Heavy Metal et les fans, mais dans un anglais très compréhensible. Le grand savoir-faire du combo emballait l'assistance au point qu'on vit même des circle pits, pas très évidents pour ce style de Metal groovy. Les plans simples, empreints de la culture musicale du pays profond, laissaient brutalement retomber la pression sur les quelques intros acoustiques. Régulièrement Vinnie Paul envoyait une baguette que l'on s'arrachait.  Chad, avec sa barbiche rouge et ses dreads, ne semblait pas s'user au fil du set, conservant une énergie et un timbre égal. Je remarquai avec étonnement que certaines personnes semblaient bien connaître les paroles, et effectivement quelques personnes sur la gauche levèrent fièrement les mains quand Chad demanda qui les avait déjà vus. Pour la majorité restante, la formule permettait de passer un très bon moment avec une musique certes balisée mais plaisante à vivre. Je présume que la reprise de Collins est passée dans le tas, sans que je l'aie identifiée. Aucune reprise Metal n'était incluse et encore moins des autres groupes des membres, ce qui est dommage. Le set le plus long passa ainsi sans difficulté, jusqu'au titre éponyme au refrain terriblement basique et fédérateur, comme il y en avait eu d'autres avant. Aucun rappel n'était prévu comme avec tous les groupes professionnels Américains, il fallut se séparer après quelques acclamations sous les notes d'un piquant "Personal Jesus" fort à propos à plus d'un titre.

Je ne pensais pas passer une aussi bonne soirée, partant avec peu d'attentes. Je n'ai pas dévalisé le stand faute de conversion soudaine, mais c'est un sentiment infiniment préférable aux grandes rencontres décevantes.

dimanche 12 mars 2017

Pay Day Tomorrow is the Morrow 3 mars 2017

Entre quelques tournées internationales, il est bon de revenir aux fondamentaux, à la petite cave du Black Sheep chargée de tant de souvenirs. Avant que certains élus s'imposent sur de grandes scènes, tout le monde doit passer sur le plan 21 heures, 5 €, bière et plafond bas. L'orientation de l'affiche était classique ce soir, et a drainé une affluence moyenne par rapport à la capacité de ce cher vieux lieu.

Le trio TOMORROW IS THE MORROW est une formation assez jeune selon la fiche, venue d'Angoulême, rassemblant en réalité des membres déjà expérimentés. En quelques notes on comprenait qu'il s'agirait d'un Noise Rock évident. À mesure que ça se développait sont arrivés quelques passages où passait aussi l'inspiration d'un Stoner bon enfant. C'était joué carré et gras, mais en roulant quand même pépère. Ce style est assez rebattu dans ces murs, mais c'est ce que le public apprécie. Je pense qu'on les reverra, du coup.

Parmi tous les groupes du secteur issus de croisements multiples des membres, PAY DAY jouit d'un certain statut culte du fait de l'ancienneté des enregistrements et des apparitions espacées. La ressemblance avec les Sisters of Mercy s'arrête là. Les locaux déchaînent un Noise agressif et déjanté aux influences Punk incontestables. Les titres sont brefs (deux minutes en moyenne), explosifs, et étaient restitués dans l'urgence, sans grandes pauses. Inutile de résister à la débauche d'énergie sous contrôle qui se dégage d'un quartet accumulant une expérience quasi professionnelle. L'humour demeure un trait au fil du temps, bien qu'il joue moins à présent sur les interventions des membres (généralement c'était Arbre) et plus sur les samples en intro. L'urgence et la dinguerie, quand elles vont de pair, exigent un bon stock de riffs explosifs à faire tourner sans barguigner et nous étions servis comme il fallait, il eût été absurde de se braquer raide sur sa dignité. Comme autre rituel caractéristique qui dure, le batteur se leva pour aller embrasser une bonne partie de l'assistance jusqu'au fond en fin de set, avant de revenir achever le dernier plan.
La soirée entamée de ce bon pied s'acheva plus tard un peu plus loin en ville. Espérons que Pay Day reviendra un peu plus rapidement.

jeudi 2 mars 2017

Kreator Sepultura Soilwork Aborted Bikini Toulouse 25 février 2017

Même pas un mois plus tard, retour au Bikini ! Il faut dire que la programmation Metal est ambitieuse cette saison. Cette tournée est du niveau d'un festival itinérant, et c'est complet depuis un moment.

La densité du plateau entraînait une ouverture très précoce des portes. Nous prenions la queue mais ABORTED était déjà lancé depuis un moment. Pas bien grave, je les ai vus plusieurs fois et la dernière il y a un an seulement. Le restant du set était suffisamment long pour témoigner que les Belges roulent toujours droit sur leur Death Metal traditionnel synthétisant plusieurs grandes influences parmi laquelle celle de Carcass me semble prédominer depuis qu'ils ont abandonné les inspirations plus MetalCore d'une certaine période. On connaît la communication joviale en français de Sven De Caluwé, encore plein d'énergie, dont l'humour gras pour l'hiver se déploya quand on présenta sur scène le gâteau d'anniversaire de l'un des membres. En plus sur une grande scène les bouchers Flamands arboraient une tenture de fond et deux tombes ouvertes du meilleur effet sur les côtés.  Bref, une bonne mise en jambes.

Pendant la pause, allons nous désaltérer et faire un tour. Le merch emporté par les quatre groupes est assez impressionnant en variété, réparti même sur deux stands faute de place. Avec une affiche aussi large et prestigieuse, et des groupes déjà vus et revus depuis un certain temps, je me laissais à songer que le public Metal s'étire de plus en plus en âge. Le retour du thrash à vingt-cinq ans d'intervalle favorise cette observation, fruit du temps qui passe. Le plus drôle, ce sont les enfants avec leurs casques de chantier. Mais sur une programmation pareille, c'était assez nettement masculinisé tout de même.

SOILWORK était le seul combo que je n'avais encore jamais vu, étant moins amateur de Death mélodique. Les Suédois n'ont pas souffert de l'indifférence polie qui menace toujours le groupe le plus gentil d'une grosse affiche Metal. En live, ils préfèrent apparemment préserver leur potentiel agressif avec un son sensiblement plus cru qu'en studio. D'autres grands du même style n'en font pas autant, c'est un tort. De même le chant de Strid demeure toujours, euh, strident, si bien que les passages originellement en clair se distinguent assez peu. Mais ces concessions sont au service d'un riffing travaillé, inspiré du Heavy, dont la qualité est connue depuis longtemps. Le synthé y prend pleinement place à très bon escient, mais préférant toujours en faire trop peu que trop. Le claviériste était d'ailleurs obligé d'être le plus statique, le reste du sextet se bougeant beaucoup sans que cela nuise à leur performance.
Comme autre héritage du Heavy il y a ce goût du soliste mis en valeur avec force éclairages sur lui, effet répété en fin du set tant pour l'un que pour l'autre guitariste. Autrement Sylvain Coudret n'est pas spécialement mis en avant pour l'occasion des dates françaises, pas un mot, rien. Force est de reconnaître qu'avec des riffs parmi les meilleurs du style, un son plus arraché et un abattage élevé qui n'obère en rien une interprétation très pro, Soilwork convainquait sur un set malheureusement raccourci. J'ai même pu reconnaître le dernier titre présent sur de vieilles compiles.


Vieux fan de SEPULTURA, cela me faisait bizarre de ne pas les voir en tête d'affiche pour cette fois. Quand on connaît les Brésiliens, il n'est pas surprenant que le set soit beaucoup consacré au nouvel album par lequel ils explorent des territoires nouveaux. Malgré une attitude très statique (Paulo champion en la matière comme toujours) les nouveaux titres confirment – à mon goût – leur qualité, puis vint un "Choke" assez inattendu qui emballa mieux la fosse comme un vieux classique connu, petite revanche sur l'Histoire par rapport à l'accueil reçu en son temps. Malheureusement un fan de Kreator ivre et mal élevé avait décidé d'emmerder tout son voisinage en gueulant une bonne partie du set que c'était de la merde et qu'il voulait se battre avec Green. Très pénible et risible. Pendant ce temps Eloy Casagrande s'enflammait dans un court solo.
Bien sûr les anciens classiques n'étaient pas oubliés et revenait à nouveau "Desperate Cry" remis décidément à l'honneur ces dernières années, et qui ravit tout le monde avec sa structure simple et redoutable. Plus tard suivit "Inner Self" annoncé par Kisser, titre qu'on pourrait changer une autre fois même s'il bastonne. Green nous recasa une fois de plus ses trois mots de français, et bien que l'âge se fasse voir il conserve son coup de poignet en rythme et son coffre vocal, surtout. Andreas Kisser était moins démonstratif que ses compères de Soilwork mais si fluide… il me donne toujours l'impression d'être ailleurs le temps de ses solos. Cependant nous nous disions après coup qu'une seule guitare demeure trop juste. C'est aussi vrai pour les nouveaux titres dont la production originelle de Jens Bogren est ample, forte et propre. Leur son change incontestablement sur scène même s'ils étaient restitués parfaitement.
Comme la fin approchait on finit par enchaîner les incontournables avec l'inusable "Refuse/Resist" qui fédéra à nouveau toute la salle comme un slogan qui traversera les époques, et la doublette de rappel habituelle tiré de "Roots" fit encore mouche, ce "Rattamahata" décalé qui s'impose même à certains fidèles traditionalistes du Thrash, et le rituel hymne des fans en conclusion. C'est frustrant de n'avoir qu'une heure à partager.

I Am the Enemy/ Phantom Self/ Choke/ Desperate Cry/ Alethea/ Sworn Oath/ Inner Self/ Resistant Parasites/ Refuse/Resist/ Arise/ Ratamahatta/ Roots Bloody Roots


Pendant le dernier interlude, les classiques de Priest s'enchaînèrent puis un "Run to The Hills" à plein volume juste avant l'extinction des feux, qui n'était probablement pas hasardeux, il faudrait demander à ceux qui étaient sur d'autres dates. Fear Factory faisait pareil avec "The Number of the Beast" en 2012…

N'ayant pas oublié la tarte que m'avait mise KREATOR en 2005, alors même que je préfère le Thrash Bay-Area, j'ai pourtant découvert un autre aspect de l'institution reine de l'école allemande. Déjà les figurants masqués devant les braseros laissaient plutôt attendre un Behemoth ! Se pointa finalement un Petrozza en bonne forme, le timbre écorché comme au bon vieux temps, pour un gros show spectaculaire.

Je n'ai jamais vu autant d'effets visuels pour du Thrash : les clips et illustrations se sont succédés sur les panneaux arrières, les flashes nous ont bombardés au point qu'il fallait fermer les yeux régulièrement pour tenir. Musicalement, l'interprétation était carrée, le son énorme. Une plateforme à l'arrière de Ventor permettait aux trois autres de se mettre en valeur de temps à autre en y montant. Quand on nous a saupoudrés de  papillotes tombées du plafond, on partait dans une certaine dimension de concerts assez éloignée du petit groupe de revival Thrash. Pourtant Mille n'oublie pas les fondamentaux : il n'eut qu'à commander pour déchaîner le premier circle pit du set. Si certains titres plus récents semblent bancals même à qui les découvre en live, le niveau général de la performance en remontre encore à beaucoup, les patrons sont toujours là. Pas de quoi rire quand Mille sort le canon à fumée tout en chantant. Enfin si, mais c'est tellement dans le ton. Entre illustrations guerrières, extraits de clips, détails de pochettes célèbres partiellement animées, un titre rendait curieusement hommage aux grands disparus de la scène musicale en 2016, c'est troublant de voir Leonard Cohen, Prince, Bowie apparaître ici en illustration aux côtés d'autres plus attendus. Comme en écho aux vieilles rumeurs disant que Mille n'écouterait plus de Metal depuis très longtemps. La fosse, elle, s'en foutait. Sur certains vieux titres que je reconnaissais, j'ai également pris un pied évident, même sur les intros mélodiques.

L'un des effets a un peu foiré, quand les spaghettis en papier projetés de la scène sont allés en bonne partie s'accrocher aux barres de projecteurs surplombant le public. Restant suspendues bêtement, elles ont dû gâcher la moitié du show pour ceux qui étaient au balcon et que Mille n'oubliait pas d'haranguer le moment venu. Du Thrash de légende et du spectacle, on en avait pour son argent. Il y a même eu du lance-flammes. Bien entendu Mille arbora longuement la bannière pour introduire "Flag of Hate" dans un final axé sur des vieux titres et le mythique "Pleasure to Kill".

Après une heure et demie de massacre à grands moyens, pendant les saluts échangés avec les habitués retrouvés à l'occasion, on pouvait avoir une pensée pour l'équipe de nettoyage qui a dû avoir un sacré travail.

Bref, la soirée valait le coup et ce sera difficile d'enchaîner avec une affiche plus modeste. J'ai failli craquer au merch' en partant.

samedi 4 février 2017

Gojira Nostromo Bikini Toulouse 31 janvier 2017

Gojira et moi c'est une longue histoire d'amour, à l'instar de bien d'autres gens. C'est le grand groupe que j'ai vu le plus, depuis la salle des fêtes de Bram (pas très loin de là) en 2003 devant une assistance clairsemée qui se fit caillasser à la sortie par la jeunesse désœuvrée du village. Le professionnalisme et la passion ne se démentirent jamais depuis lors, forçant le respect des sceptiques moins attirés par les albums. Certaines performances restent parmi mes plus forts souvenirs de concerts. Quelques mois n'ont pas été de trop pour digérer le virage contrôlé incarné par "Magma", la surprise et la prudence laissant place peu à peu à l'approbation : se renouveler était la chose à faire après l'album de trop dans le style habituel.
Très logiquement il y avait donc grande foule de tous les âges pour le porte-drapeau du Metal français dans le monde, qui fait la fierté du Midi en particulier. Comme ce cher Bikini est bien organisé l'entrée se faisait pourtant à un bon rythme. Dans cette presse, il valait mieux se poster le mieux possible après un bref passage au stand dans le petit délai avant que ça démarre. Les t-shirts actuels ont déjà une meilleure gueule que ceux autour de l'"Enfant sauvage", comme quoi là aussi…

Aujourd'hui fan de Mumakil, je n'avais jamais pu voir NOSTROMO à l'époque et je voulais bien en profiter. Fidèles à la louable tradition d'embarquer des groupes amis de leur génération qui n'ont pas connu la même percée, après notamment leurs compatriotes de Kruger en 2013, Gojira a convaincu les Genevois d'accélérer leur reformation pour partir avec eux. Ils n'avaient donc que leur ancien répertoire en stock. Dès le premier titre amené d'abord très doucement et en transition avec l'animation de fond par une intro ambiante insistante, leur HardCore New School brut était lâché à pleine force. Le son très sec pouvait dérouter mais il était conforme à ce qu'il était avant, avec une seule guitare robuste mais sans aucun gras, caractéristique de ce courant. Pas impressionné, le groupe a tenu ce ton tout le temps imparti, le chanteur au cri impeccable balançant son micro filaire à travers la vaste scène tandis qu'il marchait d'un pas large de coreux de son bassiste au guitariste et inversement.
Si des riffs efficaces ont décoincé peu à peu les premiers rangs, Nostromo se distinguait aussi par ses intros avec des instruments exotiques et des bruitages, qui réapparaissaient eux aussi. Le besoin de faire connaître son répertoire se faisait sentir sur un passage silencieux au cœur d'un titre, acclamé par l'assistance comme si c'était son terme. La communication était facilitée par le français, chaleureuse mais pas très expansive comme il se doit dans ce style bourru. Comme les quatre Suisses s'étaient séparés assez vite en laissant un stock de morceaux très bons et prometteurs, mais restreint, il fallait conclure par deux reprises avec le "Twist the Knife" ouvrant l'un des albums les plus intéressants de Napalm Death, et une autre de Nasum au triple galop pour tabasser les derniers soubresauts. Si Nostromo conserve ce ton et sa ligne pour les productions à venir, il fera mal.

Rejoignant quelques vieux compères de concerts, j'ai pu bien me placer pour profiter d'un événement dont je savais d'expérience le potentiel.

Dès 21 h 30 pile, il a suffi de quelques notes pour que GOJIRA amène les choses à leur pleine intensité. "Only Pain" s'y prête parfaitement avec sa brève accroche par Mario (torse poil comme toujours à présent) et sa puissance au tempo de pachyderme… Avec un "Heaviest Matter…" posté classiquement en seconde position, l'inusable rigueur professionnelle des monstres ne faisait plus de doute. De plus, l'évolution sonique du dernier album n'était pas étendue au live, qui conserve le son historique célèbre depuis longtemps (et déjà en décalage avec la froideur clinique du premier album disait-on naguère). D'ailleurs je n'ai remarqué aucun changement d'instrument en cours de set. Si Joe a raccourci sa coupe et abandonné les pas de dinosaure, le groupe bouge à peine moins qu'avant malgré les années, Jean-Michel se payant même un slam en plein jeu vers la fin de set.
Comme d'habitude, l'énergie circulant entre Gojira et son public fit des ravages : "Flying Whales" occasionna un pit longuement retenu spontanément par l'assistance jusqu'à la première explosion, ou juste auparavant "Stranded" s'imposant déjà comme un titre terrible avec son riff basique et destructeur. Les six extraits de Magma se sont bien adaptés à l'exercice au fil de cette tournée, aux côtés des tueries plus habituelles issues de "FMTS" ou "TWoAF". Mais le sempiternel "Backbone" s'acheva sur le riff final de l'ancien "Remembrance" nous amenant à un petit détour par l'Histoire plus ancienne pour le milieu de set. En guise de relâchement le cultissime mais rebattu morceau fantôme revint évoquer seul le premier album sur des images des nuages courant sur les sommets du Cervin et du Mont Blanc vu d'Italie, avant un "Wisdom Comes" plombé comme jamais.
Sans s'arrêter sur l'éclairage luxueux et les fumeroles attendues, soulignons plutôt l'importance toujours plus grande de ces visuels, qui soulignent la dimension spirituelle de tendance orientale à laquelle Gojira s'attache depuis quasiment ses premières origines. Tel clip suggèrera la parenté entre les éclairs du ciel et les circuits cérébraux, tel effet de vortex multicolore rappelle ouvertement un mandala, tel autre clip illustre la montée de l'âme vers un grand tout. C'est un autre Metal, tellement loin des guignolades satanistes… Ces projections atteignent tant d'importance qu'elles distraient du spectacle de ces remarquables musiciens. Si bien que lorsque Joe demandait à l'assistance, en plein morceau, de débrancher les cerveaux, les soucis et les portables pour se lâcher à fond, en clair de vivre l'instant présent, l'on sait bien que c'est même à une attitude devant la vie contemporaine qu'il veut inviter.
Plus classiquement, nous acclamâmes longuement (pesamment ?) l'anniversaire de l'éclairagiste Nicolas, ça permettait de souffler un peu, comme avec le solo de Mario, ses jongleries de baguette et jets sans crier gare vers le public… car en étant dans l'axe et à mi-distance, notre enveloppe corporelle subissait – sans craquer – au voisinage de la large fosse de constantes pressions d'une populace compressée, surchauffée et tout autant captivée. "The Shooting Star" parvenait à restituer au mieux l'atmosphère plus planante de la période actuelle. Plus tard "Pray" et son intro qu'on pouvait confondre venait terminer le set minimal sur le même ton après un "Toxic Garbage Island" plus écrasant intercalé comme pour prouver que relâcher la pression n'était aucunement à l'ordre du jour.
Le rappel attendu démarra par une improvisation à la guitare bien réverbéré de Joe seul, annonçant un bon vieil "Oroborus" fédérateur à la fin modifiée, et l'autre classique idéal pour se finir tiré du même album, "Vacuity". Après cette ligne droite certes déjà éprouvée, le set avait duré une heure et demie, soit même plus que d'autres fois par le passé.
Comme la tournée s'achevait ce soir, le quartet resta longuement sur scène pour saluer, s'arrosant au champagne avec les Nostromo et chacun disant quelques mots (Christian et Jean-Michel n'étant clairement pas très habitués, et réservés comme de vrais Gascons), Mario arborant en pitre le drapeau tricolore du fan club toulousain.

Après s'être séparé rapidement au-dehors, force était d'admettre que Gojira ne faiblit toujours pas et que cette neuvième rencontre en laissera déjà certaines précédentes derrière… Certes, la set list n'a subi aucune variation en cours de tournée à la différence d'antan et en allant à la dernière il était certain que ce serait maîtrisé au poil avec l'engagement qu'on leur sait. Les nouveaux titres se coulent très bien au format live malgré l'évolution nette revendiquée par "Magma". Ainsi "L'enfant sauvage" qui emballait moins dès la tournée de 2013 a disparu des programmes, rejoignant "Terra Incognita" qui reste hélas aussi dans les limbes, au profit de grands classiques de la période intermédiaire. Ces albums ont marqué la conquête du monde pour les Goj', et les titres extraits fonctionnent à mort, mais on aimerait un léger équilibrage, au moins pour les compatriotes ! Ces réserves bien connues étant dites, reste un énorme phénomène dont nous guettons déjà le prochain passage à proximité. Quelle grande Histoire !

Only Pain/ The Heaviest Matter of the Universe/ Silvera/ Stranded/ Flying Whales/ The Cell/ Backbone / Terra Inc./ Wisdom Comes/ Solo batterie/ The Shooting Star/ Toxic Garbage Island/ Pray
Rappel : Oroborus/Vacuity

dimanche 8 janvier 2017

Mudweiser Öfö Am Black Sheep 7 janvier 2017

Quelques anniversaires de personnalités de la scène structurent le calendrier annuel des concerts à Montpellier. L'un d'entre eux fixe généralement la reprise début janvier et l'affiche m'intéressait bien cette fois, car je n'avais plus vu Mudweiser depuis bien… dix ans par des enchaînements de circonstances assez incroyables.
Le coût de l'entrée se jouait aux dés. Cette chère salle du Black Sheep se garnit à plein aux plus forts moments malgré un grand nombre d'allées et venues.

J'avais vu le trio ÖFÖ AM assez récemment par contraste, mais c'était une raison de plus. Leur Stoner instrumental privilégie le riff, l'efficacité pour faire bouger l'assistance. L'expérience se sent notamment avec l'ancien guitariste-chanteur de Super Beatnik passé à la batterie, et le batteur de Verdun posté à la basse (!). Ce dernier joue un rôle essentiel bien que ses lignes se contentent de suivre la guitare, car il apporte le groove qui fait prendre le plat. Les riffs sont donc délayés sur des variations de tempo, enchaînés sur des breaks pertinents, parfois modifiés en cours de jeu… L'inspiration vient à la fois des grands classiques de la scène des 70's, et du Stoner grand public plus récent de Kyuss, Fu Manchu et compagnie. Mais c'est surtout à Karma to Burn que l'on pense au final (groupe avec lequel ils ont collaboré). Avec la production équilibrée d'Arbre, c'était difficile de résister à une musique assez physique, une fosse se formant assez vite. Les trois quarts d'heure sont passés très agréablement.

La pause bière fut étonnamment meublée au son de quelques grands classiques de Kraftwerk…

Enfin venaient les retrouvailles avec MUDWEISER, groupe parallèle d'ex Eyeless et de Reuno, LE Reuno de Lofofora. Après deux albums et un EP, le propos était bien connu à l'avance et n'a pas varié depuis l'époque : leur Stoner est plus Dirty Rock de confédérés, plus agressif, sans verser dans la lourdeur d'un Down du fait de la présence d'une seule guitare. Reuno adopte un chant en anglais à la Lemmy ou Blues râpé au Bourbon. Habitué à tenir des scènes plus vastes, son charisme explosait la petite scène. Entonner "Happy birthday…" sur ce ton vaut son pesant de boudins louisianais ! Sur un tempo assez peu varié, la formule marchait bien car elle est accrocheuse par nature. L'admiration revendiquée pour Elvis the King se sent plus dans l'attitude que le son. Il n'y avait qu'à se laisser aller en faisant un peu attention au voisinage de la fosse en ébullition… Les riffs n'étaient pas toujours extraordinaires mais la set list ménageait une bonne progression vers les meilleurs titres. Et les quelques interventions de l'harmonica étaient du meilleur effet. Après avoir fait monter l'envie comme un vieux madré des scènes de festivals, Reuno laissa éclater un ultime titre, plus rapide dans sa première partie, alors que l'horaire habituel était outrageusement dépassé. Mais qui avait envie de replonger dans une nuit aussi glaciale ?

Avant d'aller vers des affiches de fort tonnage, une bonne soirée était toujours sympa à prendre.


dimanche 18 décembre 2016

Year of No Light Pryapisme Black Sheep 16 décembre 2016

Usé par une semaine qui n'était pas finie, le ventre gonflé par un dîner excessif, je suis venu pour la première fois en tram au Black Sheep comme un petit vieux. Pour le – probable – dernier concert de l'année, c'était un rattrapage car les deux groupes étaient déjà passés en ces lieux hors de ma présence. Il était difficile pourtant de faire un plateau aussi dissemblable, en apparence.

Devant une affluence correcte, PRYAPISME semblait presque banal dans son instrumentation, ce ne sont pas trois petits synthés qui vont nous impressionner… Mais quand ça a démarré, l'ensemble dynamite, disperse et ventile. Le mélange entre Metal et BreakCore est très au point, les sonorités de Mario Kart survitaminé croisent des ponts Thrash ou Black énergiques à faire pâlir d'envie bien des trues. D'autant qu'une certaine noirceur dérangée se ressent de partout, si bien que le fameux titre en variation sur Moussorgski est d'une incontestable cohérence. Plus qu'à un Psykup au carré, c'est à la démarche de Mike Patton que l'on pensait immanquablement pour cela. L'intensité, l'imprévisibilité des titres est extrême même si le propos global sera largement cerné quand viendra la fin du set au bout d'une heure sans ennui. Cela vaudrait le coup de bien réviser les titres à l'avance pour laisser passer moins de subtilités et d'effets Manu Chao. Le jeu du bout des doigts des guitaristes sur certains plans est intéressant. En matière d'extrême et de technique, Pryapisme se pose bien.
Moi qui ne goûte guère l'humour dans le Metal je dois reconnaître m'être laissé charmer par l'humour vif du principal communicant, assez brillant pour un propos partiellement improvisé, le batteur fumeur en ayant une bonne couche aussi. L'occasion de rappeler la jeunesse Rock basque avec quelque membre de YONL (légende ou réalité ?), de casser le jeu de l'autre guitariste plus diverses plaisanteries envers Arbre ou les pires fans. Passons sur les intitulés comiques. Du chant gâcherait certainement l'ensemble. Foutraque mais léché, Pryapisme ne m'a pas déçu.

À la pause je me suis fait aborder à cause de mon t-shirt, cela faisait longtemps que ça ne m'était plus arrivé.

Après avoir pris son temps pour installer son riche matériel et vérifié des balances précises, obligeant notamment à placer le retour central dans ce qui tiendrait lieu de fosse à d'autres occasions, YEAR OF NO LIGHT s'est lancé peinard dans son set. Les Bordelais jouent bien fort une musique à présent bien en vogue, au croisement de multiples styles auxquels sont donnés une synergie improbable en théorie. Le volume sonore, par exemple, est autant propre au Shoegaze qu'au Drone. Ces riffs et ces structures rallongées peuvent être autant du Doom épuré que du Post-Rock bétonné. Certains passages légers et délicats rappelaient ouvertement Cure le mois dernier, alors que la froide noirceur irradiant de l'ensemble est incontestablement apparentée au Black le plus ouvert. Il n'est pas si courant d'avoir deux batteurs, qui ne se forcent pas mais dont les jeux se complètent (l'un des deux étant pigiste).
Une minorité du public s'était éclipsée dès le premier quart d'heure, mais je me suis coulé dedans très facilement tant ce soir une musique lourde et peu violente me convenait. Oui, je trouve ce genre de groupes aisés à écouter, sans vouloir vexer. Ce vaste mélange tient la route parce qu'au final c'est simple et facile à digérer. Un bon chanteur, de quelque scène qu'il provienne, apporterait dans ce cas une profondeur supplémentaire au tout ; mais c'est un choix artistique évidemment. Comme ces titres de morceaux à la Mogwaï francophone, pure écriture automatique, cohérente avec les émotions que le collectif transmet. Cette fois la communication se réduisit à quelques mots avant le dernier morceau, qui venaient du cœur, pour évoquer la longue histoire entre ces Bordelais et les plus anciens passionnés de notre scène Montpelliéraine. Le set s'achevant au bout d'une heure je n'ai pas traîné, devant encore me lever tôt.

dimanche 4 décembre 2016

Meshuggah High on Fire Rockstore Montpellier 1er décembre 2016

Cela avait un drôle de goût de retourner voir Meshuggah au Rockstore. C'était l'un de mes premiers concerts de Metal un peu gros, en 2000… Nous étions une quarantaine de fadas bien motivés. Et depuis je ne les avais jamais revus. Encore les avais-je ratés il y a encore plus longtemps, en 1996, lors de la légendaire première tournée européenne de Machine Head, à l'époque j'étais juste en train de découvrir tout ça. Ce soir quelques amis devaient venir, mais trouvèrent le guichet fermé ! Du jamais vu depuis l'unique date méridionale d'Opeth il y a cinq ans ! Comme je suis moins cigale et que j'avais réservé depuis longtemps, je vous propose de me suivre dans cette chère vieille salle.

En effet c'était bondé. Je ne croise pas très souvent ce grand public Metalleux moins typé, qui est pourtant le plus important, ceux qui ne sont pas spécialement fans d'extrême mais qui aiment la musique exigeante. Cette foule était assez jeune, la moitié devait être encore à l'école lorsque je voyais Meshuggah la première fois. C'est dire l'immense influence que ce groupe a patiemment étendue au fil des albums. Certains vieux requins de concerts que je retrouvais ici ne sont pas spécialement hardos.

Tout le monde connaît au moins de loin HIGH ON FIRE. En fait de Thrashy, leur Stoner Heavy demeure calé sur le mid-tempo quasiment en permanence. L'excellent son permettait de bien profiter du chant rogue de Matt Pike et de la basse qui amène un peu de groove. Il le fallait bien pour faire passer des riffs sympathiques mais assez classiques, et une rythmique qui tenait la basse altitude sans chercher à décoller. À part sur un titre annoncé d'ailleurs comme rapide, vers le milieu de set. Ce qui permit de constater que Pike a la voix aussi rauque que son chant, qu'il ne force pas. Le style est bien maîtrisé et particulièrement à la mode par chez nous. S'il n'y avait pas la place de faire une fosse dans tout ce peuple cela semblait bouger pas mal devant. Il est possible que certains soient venus principalement pour cette première partie de renom fort éloignée (complémentaire ?) de la tête d'affiche. Pour ma part je sature de ce style, trop répandu en Languedoc, heureusement que c'était fait par des maîtres qui en tiraient le meilleur.

La pause prit une grosse demi-heure, et il fallait bien ça pour se mouvoir dans toute cette presse afin de réaliser l'habituelle boucle merch' – pissoir – bar.

Sans MESHUGGAH le Metal actuel ne serait pas le même. C'est en grande partie à cause d'eux (et de tous les autres groupes qu'ils ont peu ou prou marqués) que le Metal est respecté et défendu par les musicophiles les plus diplômés. Devant le backdrop magnifique reprenant la pochette du tout nouvel album, les cinq compères prirent possession de la scène sous les acclamations après une remarquable introduction simple et cohérente, un sifflement… Le style polyrythmique si particulier qu'ils ont prôné depuis les origines semble venir d'une autre dimension, des confins de l'espace-temps ou de ce que cherchait Erich Zann (pour ceux qui ont des lettres). Le son parfaitement propre et puissant rendait honneur au timbre unique des guitares de Thordendal et Hagström. Le chant de Kidman sonnait un peu en retrait, comme sur album, mais l'interprétation était également parfaite. Les solos assez fréquents étaient à l'avenant du reste, à nuls autres pareils.

La débauche d'effets visuels était exceptionnelle pour un concert de Metal, plus digne d'un festival Electro en club. Très loin du service habituel dans le genre, et encore plus de ce que c'était la dernière fois. Ce light show avait cependant comme inconvénient que l'on distinguait mal les musiciens, alors que le spectacle de leur jeu serait aussi captivant. Mais ce n'est pas ce qu'ils veulent, certainement. C'est à rapprocher avec la communication minimale de Kidman, tout est lié dans cette géométrie musicale non euclidienne. La puissance de ce machin restait suspendue parfois quelques instants lorsque passaient les parties de guitare claire, tout aussi froides.

Le public rangé en sardines hochait la tête en cadence ou de façon plus démonstrative vers le devant. Quelques téléphones tentaient de capter le spectacle mais avec la barrière du light show cela ne ressemblera pas à un concert de Metal classique. Du reste, pas mal de gens manifestaient leur dévotion en faisant des cœurs avec les mains parallèlement aux cornes traditionnelles… encore du jamais vu à un concert Metal pour ma part.

Ne connaissant pas précisément le répertoire du groupe, la régularité des morceaux piochés au long de leur carrière m'amènera à saluer l'exceptionnelle réussite artistique de Meshuggah. Ils ont bâtis leur succès sur une parfaite intégrité musicale, sans jamais dévier de ce qu'ils voulaient faire depuis le départ, aucun compromis. Les titres finaux plus anciens du rappel, certains déjà présents dans le répertoire en 2000, le démontrent. C'est ainsi que le jeune groupe original dans un style à la mode il y a vingt ans est devenu un guide, suscitant des milliers de vocations musicales à travers cette planète.

Après un set d'une heure et demie, l'hybride mal identifié se retira vers l'infini et au-delà. Les yeux pleins de couleurs du show, j'ai attendu un certain temps que ça se vide un peu pour aller récupérer mes affaires. Reprendre pied dans un monde normal aux lois physiques familières le nécessitait bien aussi.