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jeudi 6 octobre 2016

Malmonde Antirouille Montpellier 10 novembre 2006

Comme toujours, ce sont les plus proches qui arrivent après l'heure et moi qui n'avais que la rue à traverser, je suis arrivé trop tard pour SYNTHESIS dont je n'ai pu entendre qu'un titre et demi. C'est du Metal moderne, avec des riffs et quelques envolées au chant semi-mélodique typiquement Gotebörgiennes, sans aucune influence américaine. L'affluence était fort honorable étant donné la promo quasi inexistante en ville et la concurrence de Tripod le même soir au Rockstore. Pas d'embrouilles de sono par le staff maison cette fois.

Assez vite a enchaîné RAGEART, formation locale. On pense rapidement à Nihil, dans ce style de Metal Rock aux arrangements divers. Il y a de fréquentes plages atmosphériques, mélodiques, un peu lyriques, mélancoliques (crotte de bique je n'ai pas fait exprès) et tout à fait Pink Floydiennes dans l'esprit. Elles passent bien malgré un chant trop juste. Il y a un certain talent de composition là-dessus, notamment dans les enchaînements avec des parties Metal assez basiques. Peu à peu, quelques longueurs vont néanmoins se faire sentir dans les passages atmos et ensuite la facette Metal qui va revenir sans pour autant s'améliorer ni se radicaliser. Y'a donc du bon mais aussi de la marge à mon sens.

Les Négroblois de MALMONDE revenaient donc un an presque pile après leur dernier passage. Le bassiste Mickaël étant défaillant, c'est le producteur Brett qui a assuré comme un chef à la place (au passage admirez la référence subliminale mais certainement pas volontaire à Poison !). Pas tellement la peine de vous présenter le Cyber Metal des Alpes. Avec deux guitares rythmiques en 1-0-1 et un collectif carré, on peut démonter n'importe quoi ("En haut des Murs", par exemple) ! Le son, excellent, est très proche des versions studios. La parenté avec le Fear Factory le plus énervé (mais ne remontant pas jusqu'à la période Death, plutôt "Demanufacture" ou "Archetype") est sensible. Toutefois j'oserai aussi le rapprochement avec S.u.p., à cause de la froideur qui enserre constamment une musique certes plus agressive que celle des ch'tis, et de ce côté cérébral incontestable, assez inattendu finalement dans une optique pourtant énergique. Je n'aime pas le chant francaoui dans le Metal, mais je dois reconnaître qu'il est bien rendu par les deux vocalistes. Le claviériste notamment sait respecter l' atonicité de cette langue tout en growlant clairement et gravement, tandis qu'il gère les fins arrangements Electro qui sont pour beaucoup dans cette efficacité assez glaciale. L'affaire a été emballée prestement. Brice de Kalisia et Fairlight s'est vu prêter une guitare le temps d'un morceau. Consécration symbolique, on a obtenu un rappel alors que rien n'était préparé pour cela alors ledit morceau fut joué à nouveau. Très bon petit concert, Malmonde a clairement les moyens de grandir encore.

Opeth Amplifier Rockstore Montpellier 13 décembre 2006

Ce bon vieux Rockstore était très rempli par un public assez divers malgré une nette majorité de chevelus, pas mal de gens étaient venus de loin. Je vous fais grâce des rencontres improbables.

AMPLIFIER a attaqué bien à l'heure, ce trio proposant un Stoner propre évoquant les grands espaces, très apparenté à Kyuss voire Soundgarden sur certains passages j'ai trouvé. Ils avaient un excellent son et ont tenté quelques envolées. Ça passait très bien en première partie ou en fond, mais j'ai ressenti de fréquentes longueurs. Le style accepte volontiers des titres longs avec des passages instrumentaux délayés, mais là où les maîtres savent toujours maintenir l'attention ça frisait l'ennui par moments faute de renouvellement des riffs. Le changement de guitare entre chaque titre n'y a rien fait. Le chanteur a fait un petit sketch à la Akerfeldt avant le dernier morceau.

La ressemblance de la setlist avec l'année dernière, et le fait qu'ils soient quand même plus studio que scène faisaient que depuis quelques jours j'avais peur de m'ennuyer pour de bon avec OPETH, alors que j'aime le groupe. Que nenni ! Dès l'intro l'assistance a fait sentir qu'elle était chaude et cela a été sans doute déterminant. Les cinq musiciens se sont bien envoyés, rappelant qu'il s'agissait quand même de Death Metal. Le jeu tonique du batteur remplaçant aussi a apporté une certaine énergie. Le pogo est vite parti et s'est parfois poursuivi sur des passages pas évidents pour cela, le pauvre Padre qui avait voulu se mettre devant en sait quelque chose. Pas la peine de vous rapporter la setlist donc, mais j'ai particulièrement apprécié l'enchaînement "When" + "Bleak" (cette montée vers la fin…), "The Night and the Silent Water" en intégrale, discrètement relookée avec quelques nappes de synthé. "The Grand Conjuration", jouée avec une gratte sur laquelle Mikaël fit tout un laïus, a bénéficié d'une interprétation bien burnée, assez inattendue. "Blackwater Park" aussi a bien rendu…
C'est certain que les finesses du travail en studio ne peuvent pas toutes être restituées sur scène, toutefois la variation de la performance vocale reste rare. D'autre part le son Live plus lourd sur les rythmiques convenait bien. Il prenait à contre-pied l'habitude du son bien léché des albums pour gagner en puissance à défaut de pouvoir tout conserver en subtilité. Il est quand même dommage que les solis de Peter Lindgren soient restés peu audibles dans la masse. Et que serait Opeth sans l'humour spécial de son meneur ? D'entrée, il nous raconte qu'ils se sont baladés en ville en quête d'un sex-shop, mais comme ils n'ont rien trouvé ils sont revenus écouter du Whitesnake ! D'humeur pédagogue, il nous a enseigné la différence entre "merci" et "merci beaucoup", quelques notions de guitare, l'importance de Skid Row dans l'Histoire du Rock. Quant aux morceaux, il a lancé "The Drapery Falls" dont les premiers couplets furent repris en chœur par les premiers rangs… avant de l'interrompre car elle était hors programme ("Fuck this song !"). Le décalage de cette attitude avec un répertoire aussi exigeant est toujours étonnant.
En présentant "Windowpane" ceux qui n'aimeraient pas étaient invités par le père Akerfeldt à aller boire un verre de vin au bar, et en vérité sa musique fut capiteuse à souhait ce soir. Opeth s'est montré charnu et puissant, et au moment où s'annonce une pause on est heureux de garder le souvenir d'un groupe qui s'écoute aussi avec les cervicales et pas seulement les fesses calées dans un canapé les oreilles grandes ouvertes. "Deliverance" en rappel et dispersion. La soirée se prolongea un peu plus loin autour de quelques verres de bière brune d'une abbaye allemande…

Sick of It All Walls of Jericho Rockstore Montpellier 22 novembre 2006

Grande affluence pour un concert que j'ai failli oublier ! Le Rockstore était plein comme une huître d'un public bigarré, très majoritairement coreux bien sûr mais on voyait aussi pas mal de crêtes, des Skins et enfin quelques Metalleux, tous réunis pour accueillir dignement la légende de passage par nos contrées. Parmi tout ça quelques têtes connues et même une ou deux surprises. Tout ça faisait très plaisir.

Les Marseillais d'UNFIT étaient chargés d'ouvrir la soirée, et quelques amis avaient fait le déplacement. Ils jouent un HCNY classique de circonstance. Les compos étaient basiques et efficaces, quelques riffs étaient assez entraînants. Le son était passable mais je pense que le micro du chant était mal réglé. Le groupe a sans doute une certaine expérience de la scène et ne se démonte pas devant l'enjeu, l'aïoli monte bien d'autant que l'esprit est bon, et ça roule parfaitement pour la mission demandée.

WALLS OF JERICHO n'est pas qu'un des plus beaux poèmes de Victor Hugo, et le niveau est franchement monté d'un coup. Typique de la génération actuelle, c'est le genre de HC très susceptible de plaire à un grand nombre de Metalleux du fait de l'effort porté sur le son, un peu lisse en studio mais bien équilibré entre propreté et puissance dans sa version scénique. De plus, force est de constater que le quintet de Detroit est excellent sur scène. Il se démène pour donner l'exemple au public en sautant, en esquissant la boxe de l'ombre ou en appelant au circle pit. Cela a très bien fonctionné, même si parfois on frisait l'excès. Le chant de Candace passe beaucoup mieux que sur les enregistrements studio. Avec leur chanteuse, ses compères jouent bien carré et les plans prenants se succèdent. La performance était assez hermétique du fait de l'enchaînement des titres presque sans temps mort, les silences étaient largement meublés par les harangues de Candace. Preuve que le public connaissait bien et appréciait, les chœurs clairs du dernier titre ont été repris sans peine malgré la fatigue accumulée au long d'un set très puissant. Mais derrière, quelques vieux roublards chipotaient tout en applaudissant respectueusement, attendant la suite. Et ils pouvaient se le permettre.

Car SICK OF IT ALL c'est le NYHC incarné, qui n'a absolument pas besoin de faire semblant et qui fête ses vingt ans. Pas besoin non plus d'un son boosté, les riffs directs parlent par eux-mêmes et il est bon pour le Metalleux de plonger de temps à autre dans cet univers auquel le sien doit tant, notamment via le Thrash des origines. Après une intro Morriconesque digne de MetallicA, les quatre se lancent avec "Take the Night Off". On est frappé par l'esprit des New-Yorkais, attentifs à ne jamais lâcher leur public, à lui parler dans sa langue ou à se faire comprendre le mieux possible. Il y a quelque chose de troublant dans la réussite insolente d'une formule musicale aussi simple et à peu de moyens, mais le mystère tient au fond de ce qu'elle exprime. Leur rage est pleinement positive, sans haine et en pleine conscience ; bien des formations de chez nous qui prétendent à cette attitude sont risibles à côté des Américains, qui n'y sacrifient rien de leurs origines ni de leur intégrité musicale. Témoins ces "Oï ! Oï ! Oï !" issus d'une vieille tradition qui se retrouve des deux côtés de l'Atlantique. Il ne faut rien changer au chant éraillé de Lou, ni à la production basique et pas même vraiment saturée des instruments. Le programme n'a pas oublié des classiques anthologiques tels que "My Life", "Scratch the Surface" et son  Braveheart (y'a eu de la casse d'ailleurs !), "Step Down", "Sanctuary" après vote du public. Cela a été un sacré boxon dans le pit et sur scène avec beaucoup de stage-diving (pour la première fois, j'ai eu honte d'être fan de Machine Head, ceux qui y étaient devraient comprendre), un fan qui pète la bise à Lou Koller… Il y a même eu un slammer tout nu ; oui, le zguègue à l'air. Un petit rappel de deux titres négocié pour la forme nous a achevé. Death to Tyrants !

samedi 1 octobre 2016

Deicide Visceral Bleeding Psycroptic Jas'Rod Pennes-Mirabeau 19 janvier 2007

Le Jas'Rod est une grande salle toute pimpante, juchée sur la chaîne de l'Estaque aux portes de Marseille (doit y'avoir une sacrée vue sur la ville du haut du toit). Le public, très majoritairement Phocéen pur jus, était nombreux et comprenait une part assez appréciable de minots. L'absence de qui vous savez n'a pas eu d'impact sensible sur l'affluence et n'a pas entraîné de protestations.

J'étais arrivé très à l'avance pour être sûr de ne pas rater PSYCROPTIC qui avait motivé ma venue. Le quatuor Tasmanien a lancé la partie sur une excellente voie et a remporté un très beau succès pour une première partie. Avec une guitare sonnant moins proprement et un chant plus poussé que sur les albums, leur Death assez technique avait les moyens d'emballer et a rapidement provoqué un violent pogo plusieurs fois reformé par la suite. Curieusement, les morceaux étaient enchaînés le plus possible et les quelques pauses se passaient dans un complet blanc sonore, à part une intro pour l'un des titres de "Symbols of Failure". Ce qui rappelle justement une caractéristique de ce dernier album. Concentrés sur leurs parties respectives, les trois instrumentistes envoyèrent une musique suffisamment efficace pour que le chanteur Jason n'ait eu qu'à assurer le minimum sur la communication. C'était certainement le répertoire le plus complexe de la soirée, sélectionné sur les trois albums, interprété consciencieusement sans aucun pain et avec un mixage plus Live bienvenu. Pour un groupe situé à cette place sur l'affiche, on est autant frappé de leur réserve sur le plan humain (culture australienne ?) que de leur qualité pour un premier groupe sur trois. Je suis bien content de cette reconnaissance et enchanté de les avoir enfin vus.

VISCERAL BLEEDING a été assez impressionnant. Ils affichent des références limpides (Cannibal Corpse, Monstrosity, Vile, voire Origin pour le côté monolithique). Leur Death est brutal, interprété au poil et sonne nettement plus propre. Le grand avantage aussi est qu'ils sont nettement plus amènes – un comble pour des Suédois, ils branchaient bien plus ouvertement la salle lorsqu'ils interrompaient entre deux titres un feu extrêmement nourri. Les thèmes étaient plus typiquement Death Metal. Je n'ai pas du tout aimé le son de la caisse claire. Puissant et froidement compressant, on n'était finalement pas loin de l'autre groupe de certains membres (Spawn of Possession). Toutefois, l'orientation beaucoup plus basique de V. B. fait qu'il n'y a pas tout ce qui fait l'intérêt de cet autre projet. Et avec le temps, une certaine lassitude peut se sentir pour ceux qui ne se jettent pas dans le pogo ou le headbang à corps perdu. Ceci n'est pas tellement à reprocher au groupe lui-même, mais au créneau qu'il a choisi et sur lequel il est fort. Une fois encore, preuve était donnée qu'un groupe de Brutal Death qui se donne aussi juste et bien gagne toujours à écumer toutes les scènes possibles. L'ambiance était encore montée.

Comment parler de DEICIDE ? Vous vous doutez que je n'ai jamais aimé la bande à Benton. Pas seulement à cause de cette pantalonnade satanique – quelle que soit la part de sincérité. Mais aussi parce que j'ai toujours trouvé leurs compositions passablement surestimées, y compris par rapport à d'autres groupes proches et aussi peu amis de Dieu (des noms ? Krisiun, Immolation, Incantation, Vader… ceci dit je n'avais rien écouté du dernier que vous avez primé). Après de longues et minutieuses balances, Steve Asheim apparaissait enfin sous de larges acclamations et prenait brièvement la parole au sujet du remplacement et pour chauffer un peu. Mon avis sur le fond n'a pas changé, mais il faut être honnête. En Death Metal, avec un son autant parfait et des musiciens excellents, n'importe quels titres un peu directs feraient merveille. Et lorsqu'ils sont aussi agressifs, les défauts se gomment encore mieux que pour le groupe précédent. Les solis de Jack Owen étaient remarquables, il maîtrise supérieurement l'art du vibrato et du tapping lorsqu'il ne fait pas les chœurs. À ses côtés le chanteur bassiste polonais emprunté pour la tournée s'est montré tout à fait à la hauteur, donnant un timbre moins hystérique et sec que dans les versions originales. Car j'ai reconnu quelques classiques parmi les titres, tandis que le reste du public se donnait généreusement. Ce fut un réel succès. Pour le rappel, le chanteur de Psycroptic revint interpréter le premier et celui de Visceral Bleeding le dernier. Somme toute, j'ai trouvé mon compte dans l'affaire alors que je me serais très bien vu partir sans les attendre. Je suis donc rentré plus tard mais bien content de l'ensemble de cette première sortie après des semaines bien studieuses.

Je cède volontiers la parole si quelqu'un qui aimait mieux la tête d'affiche à la base veut donner sa version…

Necrophagist Misery Index Origin Korigan Aix 24 février 2007

Comme annoncé, il valait mieux avoir sa place achetée. Je n'avais jamais encore vu le Korigan plein comme ça, peut-être l'effet week-end ? Un beau succès public, c'était déjà ça de joué. Bien mieux notamment que lors du précédent passage de Misery Index en tête d'affiche il y a presque deux ans.

Le temps que la salle soit à bloc, et les Anglais de BURNING SKIES lançaient le mouvement. Après un premier titre assez orienté Death brutal à la Dying Fetus, l'identité du groupe s'est affinée. Le quintet propose du "DeathCore" comme on dit. Ce mélange de Death et de riffs mélodiques HC ou Heavy, dans un style qui m'a beaucoup rappelé le premier album d'All Shall Perish en peut-être un peu plus rapide et moins lourd. Le son n'était pas au top, trop comprimé à mon goût mais tout à fait passable pour une première partie. Joviaux, les Britanniques ont un répertoire classique dans le style mais bien maîtrisé (d'ailleurs le chanteur assure aussi bien le chant clair que death). On sent une certaine expérience de la scène, mais il est dommage de faire des "private jokes" au micro entre musiciens au prétexte que le Français de base ne capte rien aux langues étrangères. Surtout quand c'est au sujet de l'assistance… Pour conclure sur la musique, peut-être que les qualités de Burning Skies leur permettront de survivre à l'évolution de la mode.

ORIGIN fait sa première tournée en France. Comme je m'étais déplacé je me suis retrouvé dans la masse sans pouvoir voir grand' chose à part Obélix au chant. Je ne connais que le premier album d'Origin, mais j'ai retrouvé tout de suite mes repères dedans. Leur Death ultrabrutal mais sans influence Grind était immédiatement reconnaissable après de longues balances. Pourtant, le son n'était pas meilleur. On entendait tout mais comme en mono, et avec un son plus sale que leur son studio. Ce qui soulignait la nature monolithique de leur musique, tout en gênant pour profiter vraiment d'une interprétation parfaite. Après, le style d'Origin est très hermétique et ses titres très ressemblants, les particularités de composition sont saupoudrées au long d'un blast incessant : "tatatatatatatatatatatatatatatatatatatata"… un bref solo par-ci, un break là ou encore un growl partant en hurlement. C'est bien fait, c'est adroitement situé entre ancienne et nouvelle école mais c'est difficile d'accrocher. À un certain niveau de brutalité continue, seule la passivité reste possible. En discutant le coup avec un fan du groupe après coup, il semble malgré tout que la panoplie des petits effets semés à mesure ait suffi à convaincre. Dont acte.

En profitant de nouvelles balances rallongées, je me suis à nouveau déplacé vers des horizons plus dégagés afin de voir correctement MISERY INDEX pour la troisième fois en même pas deux années dans mon coin perdu de la vieille Europe ! Cette abnégation à labourer le terrain renforce la vénération en laquelle je tiens les ex-Dying Fetus. Le son ne s'améliora pas, décidément, mais dans ce style-là les mêmes faiblesses étaient moins gênantes quoique regrettables. Partant sur la montée de "Retaliate", le groupe a déroulé une setlist assez différente du printemps dernier en ouverture de Fear Factory. "Discordia" n'était pas spécialement privilégié tandis que la quasi-totalité d'"Overthrow" a été jouée. Surprise même, avec deux titres très courts genre Grind qui ne m'ont rien dit, probablement des nouveautés à paraître. Envoyant comme toujours leurs cheveux aux quatre vents, les deux guitaristes ne se plantent pourtant jamais, c'est écœurant. Tout comme la performance d'Adam Jarvis à la batterie. Plus varié que son prédécesseur, Misery Index provoque plus facilement le pogo (ce n'étaient pas les premiers quand même) et envoie sévère. Pas le meilleur des trois concerts, mais à ce niveau ! Constatant ce retour aux sources au détriment des horizons plus mélodiques défrichée précédemment, je ne serai pas étonné d'un virage pour la prochaine publication, tendance beaucoup plus Grind. Ils sont partis visiblement tendus, peut-être tout simplement chauds après le set, plus sûrement à cause des pépins techniques de départ et de ce son moyen. Revenez-nous vite !

NECROPHAGIST m'apparaissait jusqu'ici comme un groupe confidentiel parmi la scène underground, et à la limite je ne comprenais pas trop pourquoi ils étaient en tête d'affiche. Quelle erreur ! C'est un parfait exemple de groupe culte. Une grande partie du public connaissait très bien les morceaux et l'a vécu avec une intensité brûlante. On connaît le style de Death technique des Allemands, qu'on peut rapprocher de la scène Québécoise (Martyr, Quo Vadis ou Gorguts) ou bien évidemment de Death, mais ils ont réussi à trouver une identité propre dans le créneau avec ce riffing étrange, inimitable, et ces longs solis arythmiques. Les furtifs emprunts au Jazz sont par contre assez classiques. Les titres extraits du premier album étaient bien soulignés comme tels dans les annonces et acclamés plus fortement que les autres. Et il est vrai que ces titres-là semblaient meilleurs et plus longs, plus typiques encore. Incontestablement, Necrophagist a défriché son territoire au sein de sa famille, entre classicisme et personnalité. Et puis surtout, ô miracle, le son était impeccable ! Était-ce un complot ? L'affaire était vite emballée tant dominait l'enthousiasme des connaisseurs, assez nombreux donc. Je ne suis pas en mesure de vous dire s'il y a eu un rappel, l'attente fut interminable et au bout de cinq minutes (sans compter en marseillais !), épuisé, je suis parti.
En dépit de ces histoires de son, c'est encore une belle soirée de Death Metal à mettre au crédit de SBR.

Dagoba Eyeless Rockstore Montpellier 9 mars 2007

Ça sentait un peu le concert historique ce soir, avec un groupe local qui s'apprête à jouer gros pour la promotion de son nouvel album qui doit le lancer définitivement, et pour lequel il a déjà beaucoup investi. Eyeless s'est en effet rendu auprès de Tue Madsen pour la peine, à l'instar de la tête d'affiche Phocéenne.

Avec un horaire précoce, le public était assez maigre au départ et s'est convenablement étoffé pendant le set du premier groupe. Celui-ci était SECOND BREATH. Les membres de ce quintet se font tous la même tête de tough guy à casquette et n'en sont pas à leur premier groupe. Ils jouent un HC à la Hatebreed ou Strife. C'est-à-dire que des influences Metal sont présentes, par quelques breaks d'autant plus efficaces ou quelques brefs passages mélodiques un peu Metalcore. On reste quand même loin de Unearth au total. Évidemment, la ressemblance avec les compères qui allaient jouer juste après était forte. Mais SB peut soutenir la comparaison car les titres sont bons, le son était excellent et le collectif sans complexe ni prétentions. Un titre a été chanté en duo avec Sylvain de Cheinsow (autre formation Montpelliéraine dans le même créneau). Ça pousse derrière, un HC fort plaisant, à suivre et à soutenir.

EYELESS avait donc drainé une belle assistance et entra sur une intro vibrante voire vrombissante. Je n'ai pas toujours été tendre avec eux, mais il y a eu de grands progrès réalisés dans le bon sens. Toujours HC, le virage Metal s'est pourtant accentué. Les ex-Uncut ne proposent pas exactement le Metalcore actuellement rebattu. Ils ont connu avec leur précédent groupe l'époque du Crossover, tel que le mélange entre Metal et HC était pratiqué par Merauder et Biohazard. Leur écriture s'en ressent fortement, la facette HC rappelle la scène de la côte est des années 90 et pas uniquement Hatebreed. Elle est plus authentique que chez tous ces groupes qui ont mélangé dès le départ Métal et HC sans être passé purement par l'une des deux scènes. Le côté Metal apparaît essentiellement dans la puissance du son et l'usage de la double. Quelques passages rappellent brièvement le voyage en Suède et le goût des intros samplées n'a fait que croître. Il faut également souligner avec insistance le recours nettement plus fréquent aux solis. Je me souviens avoir écrit qu'ils y gagneraient beaucoup et je rejoins cette opinion avec enthousiasme ! Ces parties en lead ne sont pas chiadées, elles font penser à celles des premiers Machine Head et elles sont tout autant efficaces. Le son était conforme à ce qu'on pouvait attendre, à ceci près que les chœurs étaient trop faiblement poussés au départ alors qu'ils étaient importants sur un titre comme "The Game of Fear", repris par le public à l'invitation du chanteur. Ce dernier a gardé cette habitude bizarre de tutoyer le public (influence Dubosc ?), mais a appris à canaliser son abattage. Le groupe semblait jouer mieux carré sur les trois derniers titres qui atteignaient un niveau de précision rejaillissant appréciablement sur l'efficacité. Cette montée en puissance a favorisé un "braveheart" particulièrement chaud et un rappel rapidement concédé avec un seul titre, qui a aussi occasionné un "circle pit" assez énorme. À cause de sa différence, Eyeless a une carte à jouer malgré le déclin du MetalCore actuel.

J'ai toujours eu du mal avec les Marseillais de DAGOBA, avouons-le d'entrée par honnêteté parce que je vais sans doute passer pour un pisse-vinaigre. Après un long intermède et une intro également vrombissante au départ, ils sont arrivés remontés comme des pendules. Ce qui frappe avec la bande à Shawter, c'est d'abord son généreux professionnalisme. Ça joue très bien sous le commandement de la batterie et ça se donne à fond sur scène d'entrée. Jamais un temps mort. Le public retiendra sans doute essentiellement cela et l'animation de la fosse le confirme. Shawter a même été récompensé symboliquement d'un tendre bisou par une fille émergeant du pit. On en oublierait ces affiches promo en ville qui les montraient en chemise blanche sortie du pantalon, cravate partant sur le côté et longs cheveux artistement décoiffés, à faire baver les collégiennes. Les dégaines sur scène étaient plus sérieuses, au moins. Non. En fait, ce qui foire, ce sont les compos. Dagoba est né à l'époque charnière entre le Power Metal déclinant et le Néo triomphant. L'impact de Fear Factory et de Sepultura période "Roots" est évident. Mais on dirait qu'ils n'en ont retenu que les "jumping riffs" et la possibilité de recourir au chant clair. Les mélodies sont prévisibles, ledit chant clair beaucoup trop employé selon des lignes sans inspiration (là où un S-Core fait intelligemment l'impasse). Les plans sont délayés sans surprise autour des riffs syncopés qui reviennent systématiquement, on ne retrouve pas d'audaces créatives quand cela a fait le succès de leurs références. Les fréquentes intros samplées ne sauraient être comptées à ce titre. Elles ont souvent été citées pour souligner le rapprochement avec FF, mais je les trouve plus proches de celles de Slipknot, groupe qui a éclaté après que Dagoba n'apparaisse mais auquel il ressemble souvent par ailleurs, avec son côté Néo Metal brutal. Tout cela suffit donc aisément au bonheur de ceux qui séjournent dans la fosse, mais il n'est probablement pas innocent que la moitié arrière de la salle (derrière l'ingé son pour ceux qui connaissent) se soit vidée lors de leur performance. Ça bourrinne redoutablement mais il est plus que temps de fendre l'armure. MetallicA disait "You like Heavy ? We give you Heavy" mais son succès phénoménal s'est-il fondé là-dessus ?
La parole est à la défense si quelqu'un veut bien…

Zuul FX Rockstore Montpellier 15 mars 2007

Petit report du passage montpelliérain. Et tout d'abord pour avouer qu'on a eu honte de la bâche ! Il devait y avoir trente pèlerins à tout casser. C'était l'ambiance étrangement détendue qu'on retrouve souvent dans ces cas-là, et qui permet parfois qu'on en profite mieux.

En première partie jouait CHEINSOW, groupe bien connu sur la scène locale qui propose un Power Metal assez HC, dans la tradition de PanterA et Pro-Pain. Riffs directs, chanteur torse nu qui saute partout et harangue, vous voyez le genre. Ils ont eu la chance d'avoir un son un peu meilleur que d'habitude. Les titres restent assez basiques ce qui fait qu'ils ne perdent rien en puissance. Les effets sont totalement absents, c'est direct, "in your face". L'énergie du chanteur est communicative, c'est un vrai frontman et le groupe passe toujours bien en live. Restera à étoffer les compos, à prendre des risques quitte à compliquer un chouia les futurs titres.

Impossible de ne pas songer à No Return quand on va voir ZUUL FX. On sait que quoi qu'on pense de N. R., ils étaient très forts sur scène. Le nouveau groupe de Steeve Petit avait déjà dû annuler un premier passage pendant l'été 2005. Il s'agit cette fois de Cyber Power Metal. Et comme avec N. R., si les compos pèchent trop souvent par manque de génie, l'esprit et le son sont bien présents. Zuul Fx a une excellente production scénique, bien équilibrée, avec une double tellurique comme si le grand Cthulhu allait sortir de terre et une basse distinctement audible. Le groupe est techniquement bien au niveau, ça joue très bien (les deux ou trois solis du guitariste l'attestent). Il n'y a pas d'usage abusif des samples, les flashes du début et les néons crament les yeux mais ça fait partie du spectacle. Avec un cœur et une envie gros comme ça, le quartet emballe vite le maigre public en le faisant participer à certains titres, en posant des riffs simples mais terriblement headbangants. D'ailleurs, d'entrée, ils ont pris à la rigolade la maigreur de l'assistance et se sont donnés aussi généreusement que si nous étions mille – la marque des pros. Non, les seules faiblesses ce sont l'évidence trop flagrante des titres (c'est moins grave en concert) et les passages en chant clair qui sont un peu boiteux sans trop apporter. Pourtant, il y a un titre ou Steeve (enfin, Zuul) va redoubler son batteur qui est globalement pas mal, et "le titre calme" permet de respirer sans décrocher d'autant qu'il n'est ni trop long ni trop bref. Le premier rappel ("le début du succès !") a enfin provoqué le pogo de la soirée. Le second s'est fait avec "Demanufacture", "pour ceux qui connaissent la scène des années 90", évoquant la manière dont à l'époque No Return reprenait Death ou Slayer sur ces mêmes planches. Très bonne reprise, confirmant s'il le fallait la capacité du collectif.

Aussitôt après le show, le groupe est venu à la rencontre des quelques fans. Steeve s'est montré un interlocuteur très sympathique, passionnant et plein d'anecdotes. L'écouter permet de mieux comprendre son projet, son désir d'ouvrir sa musique et la priorité qu'il accorde au Live. Là où j'aurais presque suggéré de radicaliser un peu le répertoire, à la manière de Fear Factory justement, on sent que sa préférence pour un Metal moins bourrin que le Death (dont l'héritage marque à jamais FF) est incorruptible. Pour la générosité de la performance, pour leur gentillesse, RESPECT ÉTERNEL.